A.M.S.E.A.A.

Notre histoire

A Nancy en 1933 le Comité de Défense contre la délinquance, à l’initiative, entre autres, de Louis SADOUL, voit le jour. Les membres semblent s’inscrire dans un courant philosophique et politique de « droite classique et catholique ». La pensée pédagogique axée sur la valeur de l’effort s’oriente vers une « rééducation par le travail ». L’arrivée de nouveaux membres entre 1936 et 1938 se traduit par l’avancée d’idées plus nuancées définissant une pratique éducative qui s’interroge surtout sur l’origine du symptôme.

Le Foyer de Semi-liberté

La fin de la deuxième guerre mondiale à peine annoncée en juin 1944, l’A.L.S.E.A (l’Association Lorraine pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence) dont le siège est à Nancy, est tout naturellement créée. Son rayon d’action s’étend sur le ressort de la Cour d’Appel de Nancy (c’est à dire les juridictions de la Meurthe et Moselle, des Vosges et de la Meuse) avec à sa tête le docteur Paul MEIGNANT. En 1957, l’A.L.S.E.A ouvre dans les locaux de la Goutte de Lait, à Verdun, un Foyer de Semi-liberté : « LE JEUNE MEUSIEN ».

Elle le gérera jusqu’en 1965, puis passera le relais à l’AMSEAA en 1958 (Association Meusienne pour la Sauvegarde de l’Enfance, de l’Adolescence et des Adultes) créée initialement pour « intéresser les Autorités et Particuliers à l’existence et aux activités du Foyer, pour aider le personnel éducatif au placement en apprentissage, en emploi salarié et de façon générale, pour œuvrer au bon fonctionnement du Foyer ».

Dans un courrier adressé à Monsieur le Sous-préfet de Verdun en juillet 1958, on découvre même une phrase qui prendra toute sa valeur quelques années plus tard : « L’Association (l’AMSEAA) pourra en outre s’il y a lieu après accord avec l’A.L.S.E.A reprendre à son compte la gestion et l’administration du Foyer». Ainsi donc venait de naître le Foyer du Jeune Meusien, géré à partir de 1965 et jusqu’à ce jour par l’Association Meusienne pour la Sauvegarde de l’Enfance, de l’Adolescence et des Adultes.

1965 – 1984 : le « JEUNE MEUSIEN »

Dès lors, l’établissement va prendre sa place dans le contexte philosophique cité plus haut – la rééducation par le travail – aidé en cela par une période économique favorable, une population importante et un contexte judiciaire local omnipotent.

Le Foyer de Semi-liberté « marche bien » mais on ne peut pas parler de la rééducation comme d’un « ensemble des mesures d’assistance, de surveillance ou d’éducation ordonnées par le Juge à l’égard de l’enfance délinquante ou des mineurs en danger».

Il s’agit plutôt d’une vision passéiste du travail éducatif à mener, doublée d’un manque notoire de compétences. Mai 1968 verra bien l’ébauche d’une prise de pouvoir par le personnel, mais bien vite une reprise en main énergique, basée à nouveau sur « la mise au travail rédemptrice » refait surface.

Avec les chocs pétroliers des années 1970 comme point de départ (?) des difficultés économiques de la France et de Verdun, l’apparition du chômage et donc des difficultés de mise au travail des jeunes confiés au Foyer, la nomination de jeunes magistrats, parfois avant-gardistes, et d’éducateurs ayant eux aussi vécu Mai 68, font que le Foyer de Semi-liberté ne correspond bientôt plus aux besoins des juridictions de la jeunesse.

Dans le début des années 80, l’établissement est l’objet de vives critiques de la part du Juge des Enfants de Verdun : « En 1984, l’Inspection des Services du Ministère de la Justice pouvait conclure que dans tous les domaines (organisation – méthodes – gestion) le Foyer présentait des carences graves». Une direction défaillante, des personnels en nombre insuffisant et sans formation, une grande économie de moyens et la perte de confiance des autorités administratives et judiciaires créent des conditions d’exploitation impossibles, ne pouvant déboucher que sur une cessation d’activités. C’est le « dépôt de bilan » ou plus exactement, s’agissant d’une Association, la mise en règlement judiciaire en septembre 1984.

La naissance du Foyer Educatif du Jeune Meusien

L’AMSEAA prend alors le pari de procéder à la reconstitution d’un outil de travail considéré comme essentiel pour répondre aux besoins de la juridiction et de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Le Tribunal de Grande Instance ayant autorisé la poursuite de l’activité, un nouveau directeur est recruté, une nouvelle équipe mise en place et les locaux sont restaurés : une pédagogie va naître.

Des propositions concordataires visant au règlement des dettes du Foyer (150 000 €uros) sont acceptées par le T.G.I et le représentant des créanciers en Mai 1986 ; elles permettent l’étalement des remboursements sur 5 ans.

La confiance des autorités judiciaires, puis départementales, permet au Foyer de renaître de ses cendres, le terme « éducatif » ajouté à sa dénomination y étant sans doute pour beaucoup.
L’impact de cette confiance retrouvée se mesure aussi dans la demande, par les services du Conseil Général de la Meuse d’ouvrir dans des délais très courts (2,5 mois) une unité d’une douzaine de places pour accueillir en urgence garçons et filles de 6 à 15 ans, abusés, maltraités, en grande souffrance.

Ce sera effectif en septembre 1987. « Confiance » est encore le maître mot quand la ville de Verdun, associée aux études menées pour l’amélioration des conditions d’hébergement, propose la reprise des bâtiments du Foyer du Jeune Travailleur, alors en perte de vitesse et dont les locaux sont eux aussi situés en centre-ville. Le projet d’amélioration et les aménagements sont rapidement menés, l’installation sera effective à la fin de l’année 1991.

On peut considérer que ce changement de lieu, de la « Goutte de Lait » vers le F.J.T, marque une étape décisive dans la consolidation de la bonne marche de ce Foyer : il était important de concrétiser le changement et d’assurer des conditions d’activités satisfaisantes.
Il marque aussi un renouveau associatif. En à peine 10 ans, une nouvelle équipe, une nouvelle pédagogie, des nouveaux locaux ainsi qu’une structure supplémentaire ont vu le jour.

Depuis juin 1957, date de la première habilitation à recevoir des mineurs confiés dans le cadre de l’ordonnance du 02/02/1945, l’AMSEAA, tout d’abord à travers le FEJM puis la MECS et enfin le CER, s’est vu renouveler la possibilité d’accueillir cette catégorie de mineurs de justice (1988/1992/1998/2000).

Les différentes créations

En Novembre 1996, à la demande de Monsieur le Procureur de la République ; le CEDIFF, l’AAETV et l’AMSEAA ont été sollicités pour assurer un nouveau service dépendant directement du Parquet, à savoir un service de Médiation Pénale, plus particulièrement consacré aux plaintes déposées par les parents divorcés » ou en instance de divorce, au sujet des droits de visite et/ou de garde non respectés. Ce service reste marginal en nombre dans le cadre du fonctionnement général de l’AMSEAA.

En Juillet 1997, faisant suite au schéma départemental PJJ l’adoption du Schéma Départemental de l’Aide Sociale à l’Enfance par l’assemblée départementale modifie d’une manière conséquente l’implantation et l’implication de l’AMSEAA dans ce nouveau contexte.

Le Conseil Général de la Meuse souhaite un interlocuteur fort et unique sur la tranche d’âge 14/18 ans et au-delà : fusion et absorption de deux services permettant une meilleure répartition géographique sur l’ensemble du territoire meusien par la création de deux structures nouvelles d’hébergement (La M.E.C.S. VOLTAIRE à BAR LE DUC et la M.E.C.S. du BREUIL à COMMERCY).

Parallèlement, l’ouverture d’un Service d’Action Educative à Domicile (SAED) avec deux antennes Verdun et Bar-le-Duc) pour 200 mesures sur l’ensemble du département.

Le C.E.R. « Le Boustrophédon » ouvre ses portes en septembre 2000. Il permet d’accueillir huit mineurs placés sous Ordonnance 45. Il est situé à Saint-Mihiel dans une maison éclusière. Sa particularité repose sur un partenariat très actif avec une commune de Lozère (Villefort).

Le C.E.F. de Thierville « Le Syssition » reprend un cahier des charges de P.J.J. pour l’accueil de 12 mineurs multirécidivistes placés sous Ordonnance de 45. Son ouverture en novembre 2006 complète l’offre de service de l’AMSEAA.